Parution :
Les violences policières sont NORMALES !
La situation en France depuis les gilets jaunes n'est pas une anomalie révélatrice d'un problème dans la police, mais d'un problème de la police.
Les institutions de "maintien de l'ordre" sont par essence violentes et arbitraires.
Par définition, l'État se constitue autour de l'idée que lui seul peut exercer une violence "légitime". Raison pour laquelle on parle d'un monopole étatique de la violence.
Dans les périodes de "paix sociale", les choses se passent "bien". La violence policière est présente, mais elle ne s'exerce que sur les plus marginalisé·es, et reste donc "normale" et acceptable aux yeux du plus grand nombre.
Quand un État policier fait preuve d'autoritarisme, il ne fait qu'élargir les cibles et l'amplitude de sa violence. Ce qui, naturellement, choque même les esprits les plus "modérés".
"Maintien de l'ordre" et autoritarisme sont intimement liés. Raison pour laquelle les policiers adhèrent en grand nombre aux idées d'extrême-droite.
Une institution violente et autoritaire se forme en attirant et sélectionnant les profils les plus violents et autoritaire. Rien de plus "normal" que cela.
Aucune réformette de l'institution policière ne pourra venir à bout de cet état de fait.
Une telle situation nécessite un renversement complet, notamment par le "démantelement police" ("defund the police"). autrement dit de réaffecter progressivement ses moyens et champs d'intervention à des institutions altruistes et non autoritaires (du "care"), jusqu'à son abolition.
L'objectif est avant tout de mettre fin aux violences policières quotidienne entrées dans la norme. Mais aussi et surtout de priver l'État du pouvoir de coercition lui permettant de verser dans l'autoritarisme.
Aujourd'hui nous voyons comment un État policier peut se permettre de devenir anti-démocratique et autoritaire grâce à sa police.
C'est cet autoritarisme que nous combattons. La police n'est qu'un obstacle dont nous devrons nous débarrasser pour éviter que cela se reproduise.
D'autres, malheureusement, sapent nos efforts en s'enfermant dans une toute autre démarche ...
Des fleurs pour les poulets ?
Lors de la manifestation du 23 mars, EELV a offert des fleurs aux policiers, dans le cadre d'une opération symbolique "Des coquelicots, pas des lacrymos".

Donner une fleur dans ce contexte est un symbole de paix. Une tentative de réconciliation. Symbolique d'autant plus grande qu'elle se fait en s'agenouillant et souriant. C'est, dans l'absolut, un geste louable ...
Face à la Police, c'est en revanche un geste d'une grande naïveté. Il véhicule l'idée que nous pourrions nous réconcilier avec la police. Qu'il existe de "bons flics" enfermés malgré eux dans un cercle de violence, que nous pourrions briser en faisant le premier geste.
Or, comme nous l'avons vu, la police est une institution violente et autoritaire, composée de profils violents et autoritaired. Compte tenu des problèmes que cela engendre, les seuls "bons flics" sont ceux qui se retirent.
Pire encore : un tel geste vise, en substance, à minimiser les violences policières. Et ce alors même qu'un militant de Sud Rail a perdu un œil après avoir été grièvement blessé par une grenade lors de cette même manifestation.
C'est, finalement chez certain·es, un geste d'espoir. Espoir que la police (ou l'armée), se retournant contre ses dirigeants, permette à une mobilisation de l'emporter.
Ce qui est effectivement déjà arrivé ... et leur a systématiquement permis d'instaurer une nouvelle tyrannie après avoir écrasé tous les aspects anti-autoritaires de la mobilisation.