Dans l'expression "dictature du prolétariat", le mot "dictature" n'est pas employé dans son sens moderne, mais ancien (hérité de la démocratie Romaine antique).

À l'époque de Blanqui, les socialistes parlaient plutôt de "dictature démocratique" ou "démocratie populaire" pour désigner la même chose.
La semaine sanglante et les élections municipales de 1871 qui ont suivies la Commune de Paris ont traumatisées tous les socialistes révolutionnaires.
Comment éviter ça ? Comment faire en sorte qu'une révolution l'emporte sur le long terme sans trahir ses principes ?
L'objectif de tous les socialistes (anarchistes et communistes inclus) est toujours d'aboutir à une société sans classes et sans état.
Certains concluront à la suite de la commune qu'il est trop dangereux de vouloir abolir l'état directement après la révolution.
Certains se tournent alors vers la Rome antique, où la "dictature" était une magistrature extraordinaire détenant les pleins pouvoirs pour un mandat limité dans le temps.
Le terme moderne plus approprié serait donc plutôt "dictât", voir "état d'urgence".
"L'état d'urgence populaire" serait donc une période purement temporaire de subsistance de l’État suivant immédiatement la révolution.
Période qui doit donc, théoriquement, reposer sur le plébiscite et la participation populaire, donc une démocratie plus directe.
Donc non, une bonne fois pour toutes, aucun communiste ne considère la "dictature" comme une finalité. Personne ne souhaite mettre en place un État totalitaire soi-disant populaire1.
Comme je l'ai dit plus tôt, la plupart considèrent que cette phase transitoire se doit d'ailleurs d'être bien plus démocratique que l'oligarchie élective qui la précède et que nous vivons actuellement.
"Par le peuple pour le peuple" est leur moto.
On peut évidemment critiquer le réalisme de cette vision. C'est d'ailleurs ce qui créera la scission entre communistes et anarchistes. Ces derniers considérant que tout pouvoir corrompt nécessairement, tout compromis à la démocratie directe et totale est promis à l’échec.
Le fait est que la révolution Russe, et d'autres après elles, leur ont d'une certaine manière données raison. Les théories communistes ont cela dit largement évoluées depuis.
Exception faite, éventuellement, de certains marxistes-leninistes (staliniens, maoïstes et trostkystes) et "tankies" de toute sorte. Sans vouloir faire de généralité, force est de constater que certaines "brebis galeuses" se disant "communistes" sont dans les faits davantage "rouge-bruns", entretenant la confusion et l'adoration de régimes autoritaires et du capitalisme d'Etat (Corée du Nord, Chine, Cuba, etc.). ↩︎